J’apprends avec tristesse le décès de mon collègue et ami Enrique Bustamante, survenu ce 20 juin 2021 à Malaga.

Enrique Bustamante (Photographie AE-IC)

Enrique Bustamante était, en Espagne, le chercheur et enseignant en économie et sociologie de la télévision et des industries culturelles le plus important, le plus connu et apprécié au niveau international. Il était professeur de communication audiovisuelle et de publicité à l’Université Complutense de Madrid. Il a été fondateur et directeur de la revue Telos consacrée à la recherche en sciences de l’information et de la communication. Il a été membre du Conseil pour la réforme des médias espagnols de service public. Il a été titulaire de la Chaire Unesco de communication internationale des Universités Stendhal de Grenoble et Lyon II, ainsi que vice-recteur de l’Université internationale Menéndez Pelayo et il était toujours Président de l’Asociación Española de Investigación de la Comunicación (AE-IC) Il est l’auteur de nombreux livres, rapports et articles consacrés à la télévision et aux industries culturelles.

J’ai fait la connaissance d’Enrique au milieu des années 80. Nous faisions partie avec Bernard Miège, Jean-Michel Salaun, Giuseppe Richeri, Nicholas Garnham, Pierre Musso et quelques autres du groupe Eurocommunication-Recherche, un réseau de chercheurs universitaires partageant un même souci d’analyse et de compréhension critique des processus de déréglementation de la télévision qui bouleversaient les paysages audiovisuels nationaux et européen.

C’était un travailleur acharné, un pionnier, un esprit libre et indépendant, dont la pensée était claire, souvent radicale, toujours exigeante. Enrique était d’une gentillesse extrême et d’un humour moqueur. Je l’appelais affectueusement Don Enrique car sa noblesse était grande.

Enrique Bustamante à Lisbonne, 8 mai 2012
(Photographie André Lange-Médart)

Enrique m’a fait l’honneur de me solliciter à diverses reprises pour des articles dans Telos ou des interventions dans des colloques et séminaires en Espagne. Son soutien avait été très utile pour faire connaître les travaux de l’Observatoire européen de l’audiovisuel en Espagne, et pour nous aider dans la collecte d’information. Il m’avait envoyé à Strasbourg deux de ses excellents étudiants en préparation de thèse, Gustavo Buquet et Francisco Gallego. La dernière fois que je l’ai vu était le 8 mai 2012, dans un séminaire sur le service public, à la Fundaçao Gulbenkian, ici à Lisbonne. Mais nous étions restés en contact, échangeant des messages il y a quelques mois encore.

Je partage la tristesse de sa famille, de ses collègues et amis.